Du son à l’écran : découvre l’AEC en Composition musicale et technologies audio à l’image du CNDF
J’ai récemment eu l’occasion de retourner dans les locaux où se donnent les cours en présentiel de l’AEC en Composition musicale et technologies audio à l’image. Comme chaque fois, je suis repartie en me demandant comment se faisait-il que ce programme n’était pas plus connu!
Trouver de manière souvent ingénieuse la bonne façon de répliquer un son, créer de la musique pour des jeux vidéos, travailler avec des logiciels à la fine pointe de la technologie… voilà un programme qui me semble qu’une grosse partie de plaisir!
Hugo, le coordonnateur du programme qui m’a accueilli dans « ses » locaux y est sans doute pour quelque chose. Tout comme son collègue William. Deux passionnés qui arrivent à nous transmettre leur passion du programme en un rien de temps!
Mais au fait, c’est quoi ce programme?
Il faut d’abord savoir que l’AEC en Composition musicale et technologies audio à l’image est offerte exclusivement au CNDF. La formation a été conçue pour combler un vide entre deux parcours existants : le DEC en Techniques professionnelles de musique et chanson, axé sur la performance musicale, et l’AEC en Enregistrement et sonorisation, centrée sur la captation et le mixage. En gros, on y propose une formule unique où la création artistique rencontre les technologies du son et où l’on combine expression musicale, design sonore et compétences techniques dans un cadre concret et stimulant.
Autrement dit, inutile de choisir entre art et technique : on apprend à composer, à manipuler le son ET à animer une image.
La formation en Composition musicale et technologies audio à l’image

Ayant suivi quelques cours de musique au secondaire il y a de cela quelques années, je m’empresse d’ailleurs de leur mentionner que tout cela est captivant, mais qu’au final, mon talent était peut-être somme toute limité en musique. C’est Hugo qui me surprend d’abord : « C’est important que le monde sache qu’il n’est pas nécessaire d’être un virtuose de la musique pour être admis dans le programme. Preuve que la maîtrise de la musique n’est pas un prérequis, aucun cours d’instrument n’est prévu à l’horaire. Évidemment, posséder un certain bagage musical sera un atout. Je dirais qu’il est plus important d’être créatif, curieux et de ne pas avoir peur d’expérimenter, que de savoir jouer d’un instrument avec brio. »
Voilà qui me rassure. Ceci dit, un cours de mise à niveau (facultatif, mais fortement recommandé) est proposé aux étudiants dès le début du programme afin d’apprendre à lire une partition et à mieux comprendre la théorie musicale.
Un second cours, en techniques audio cette fois, est aussi offert à ceux qui ont peu d’expérience afin qu’ils se familiarisent avec l’équipement couramment utilisé dans le domaine, comme les microphones, les cartes de son et autres outils de production.
Que peut-on apprendre dans les cours?
Le cœur du programme repose ensuite sur deux cours de composition, où les étudiants apprennent à créer des ambiances sonores et à transmettre des émotions à travers la musique. À la façon dont William met de l’emphase sur « transmettre des émotions », j’en déduis que l’on touche ici à quelque chose d’important. « Ultimement, l’objectif s’avère de composer des pièces qui racontent quelque chose, que ce soit joyeux, triste, dramatique ou même épeurant! Ça t’est sûrement déjà arrivé de ressentir une émotion particulière en regardant une scène de film ou une série, simplement à cause de la musique? C’est exactement ce que les étudiants apprennent à faire : créer du son qui fasse vivre l’image! »
D’autres cours sont consacrés à la postproduction audio, notamment le mixage, la conception sonore et l’utilisation de logiciels de montage. Les étudiants s’initient également à l’audio pour les jeux vidéo, en apprenant comment intégrer le son dans divers contextes interactifs. C’est là qu’ils découvrent, par exemple, comment le son peut réagir en temps réel aux actions des personnages à l’écran.
« Ce qui rend l’audio en jeu vidéo si fascinant, c’est qu’il n’est jamais figé. Selon ce que le joueur fait, le son s’adapte : une action déclenche une ambiance, une autre en crée une complètement différente. Tu peux entendre un thème, le quitter, y revenir plus tard… ou ne jamais l’entendre du tout. Comme concepteur sonore, tu dois penser à toutes ces possibilités et bâtir un univers qui réagit en temps réel aux choix du joueur. », dit William.
Une formation concrète et connectée au milieu
Au CNDF, la théorie prend vie à travers des projets concrets et des collaborations réelles. C’est le cas dans nos autres programmes et ce l’est également en CMTAI (prononcer Si-aime-taille de la façon la plus nonchalante si vous voulez vous fondre dans le décor…). Tout au long de la formation, les étudiants travaillent avec de véritables partenaires du milieu, offrant ainsi une immersion directe dans le monde professionnel de la production audiovisuelle.
« On veut que les étudiants vivent le métier pour vrai, pas une version scolaire édulcorée. Dès la formation, ils doivent composer avec des contraintes réelles, des échéanciers, des échanges avec d’autres créateurs. C’est comme ça qu’ils développent les bons réflexes et qu’ils arrivent prêts sur le marché du travail », explique William.
Le projet final, réalisé en deuxième session, illustre parfaitement cette approche. Les étudiants sont alors jumelés avec des finissants en animation de l’Université Laval pour assurer la sonorisation complète d’un court métrage. Musique originale, voix, bruitages : tout le design sonore est entièrement pris en charge par les étudiants. Cette collaboration étroite avec l’équipe de production leur permet de vivre une expérience professionnelle authentique, tout en enrichissant leur portfolio et en développant un réseau de contacts.
En parallèle, les étudiants participent à des visites en entreprise (comme chez Ubisoft Québec) et rencontrent des professionnels du domaine. Plusieurs des enseignants du programme étant eux-mêmes actifs dans l’industrie, ils ne se gênent pas pour faire aller leur réseau de contacts! « Notre rôle, c’est aussi d’ouvrir des portes, de créer des ponts avec le milieu et de montrer aux étudiants à quoi ressemble concrètement la réalité du métier », ajoute-t-il.
Une formation intensive

Puisqu’il s’agit d’une attestation d’études collégiales de deux sessions, la formation est plus courte qu’un programme technique, par exemple. Avec 30 heures de cours par semaine, le rythme est plus intensif. Elle demande donc un bon niveau d’autonomie, de discipline et de persévérance. Mais en retour, les étudiants sortent avec un portfolio solide, de l’expérience concrète sur de vrais projets, et commencent déjà à se bâtir un réseau de contacts dans le milieu. Pour ceux qui veulent apprendre des notions concrètes sans passer deux ans à se demander à quoi sert toute cette théorie, c’est la formation idéale!
Et après la formation?
Le programme de CMTAI prépare les étudiants à faire carrière dans le domaine de la composition musicale et de la production sonore à l’image. Plusieurs se dirigent vers des métiers liés à l’audio dans le cinéma, la télévision, le jeu vidéo ou encore la création de contenus numériques.
Les débouchés sont assez nombreux, et ce particulièrement dans les grands centres comme Montréal, Toronto ou Vancouver, où l’industrie est en plein essor. À Québec, les opportunités se trouvent davantage du côté des documentaires, des musées, des comédies musicales ou des productions télévisuelles, comme celles de l’émission Découverte, où chaque segment demande par exemple une trame sonore originale.
Le domaine du jeu vidéo, lui, offre une grande souplesse avec de plus en plus de postes accessibles à distance, un atout pour ceux qui souhaitent travailler à Québec (ou ailleurs!) sans devoir se relocaliser.
Hugo et William sont toutefois catégoriques : ceux qui ont l’esprit entrepreneur peuvent aussi aspirer à une belle carrière. À ce sujet, Hugo-le-coordonnateur tient à me rappeler que « Le cours d’entrepreneuriat permet aux étudiants d’acquérir tous les outils et les compétences pour se lancer à leur compte, gérer leurs projets, développer leur image de marque et se tailler une place dans un milieu compétitif. Plusieurs finissants choisissent ainsi de devenir leur propre patron, un attrait souvent très apprécié par nos étudiants. »
Et comme une pièce de théâtre bien répétée, le collègue William avait les mots justes pour compléter : « Avec la montée en puissance des plateformes vidéo comme YouTube ou TikTok, plusieurs diplômés choisissent de devenir eux-mêmes créateurs de contenu. Attention : je ne dis pas que notre cours sert à former des influenceurs! Je dis simplement que l’on outille de belle façon ces gens qui souhaitent œuvrer dans le monde des médias sociaux en alliant des compétences techniques acquises via l’AEC et leur profil artistique. »
En conclusion
Le programme Composition musicale et technologies audio à l’image s’adresse à ceux qui souhaitent créer, expérimenter et donner vie au son en harmonie avec l’image d’un film, d’un jeu vidéo ou tout autre média. Au terme de cette AEC, les étudiants acquièrent des compétences solides, développent un réseau de contacts et gagnent la confiance nécessaire pour se lancer dans des projets concrets.
Le CNDF offre également une AEC en Enregistrement et sonorisation, et il arrive bien souvent que les étudiants hésitent entre ces deux formations. Pour mieux comprendre ce programme et faire la différence entre les deux domaines, il est possible de lire cette chronique.
Pour en découvrir davantage, plusieurs occasions s’offrent à toi. Par exemple, les portes ouvertes, organisées deux fois par an, permettent de visiter les installations et de rencontrer les enseignants. L’activité Étudiant d’un jour offre une immersion concrète dans le quotidien d’un programme, idéale pour découvrir l’ambiance dans les cours avant de se lancer. Et si tu as des questions plus précises, n’hésite pas à remplir une demande d’information, car notre équipe au recrutement est là pour t’accompagner.
